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vendredi, 29 juin 2018 11:24

Coupures des services au CLSC de Richelieu : les organismes cherchent à comprendre, le ministre blâme les médecins, les médecins répliquent

C’est en présence des représentants des organismes communautaires locaux ainsi que de plusieurs aînés, que le député provincial de Chambly, Jean-François Roberge, a répété son engagement de renverser la coupure des services au CLSC de Richelieu dont ceux du sans rendez-vous pour les patients ne possédant pas de médecin de famille et de les relocaliser à la clinique Médi-soleil de Saint-Jean-sur-Richelieu. Après plusieurs interventions auprès du ministre Gaétan Barette et des instances gouvernementales, tous s’accordent pour dire qu’ils ne savent pas encore pourquoi la décision a été prise et quelles seront ses conséquences à long terme.

Des organismes à bout de ressource

Lorsque le député Roberge a d’abord entendu la rumeur des coupures au CLSC, il a cru à la « fausse nouvelle ».  « Je me suis dit «Je vais appeler le CISSS, c’est certain qu’ils vont me répondre que c’est une fausse rumeur sur Facebook » tellement ça n’avait aucun sens » explique-t-il.  Il fut donc doublement surpris d’apprendre que non seulement la nouvelle était vraie, mais que « c’était une très bonne chose et qu’il y’a une formidable clinique à Saint-Jean-sur-Richelieu ». « D’accord, elle est sûrement excellente la clinique, mais si on ne peut pas s’y rendre…bonne chance pour se faire soigner » dit-il. 

Plusieurs organismes ont répété que le nerf de la guerre n’était pas la qualité des services offerts à la nouvelle clinique suggérée, mais bien la difficulté de l’accessibilité aux soins.  « Ça fait près de 15 ans que nous faisons partie d’une table de concertation avec le CLSC et que nous y discutions de transport.  Nous dépensons plus de 15 000$ par année pour amener des gens au CLSC.  Ils le savent très bien que le transport est un enjeu majeur dans la région » témoigne Guylaine Lapolice du Carrefour Familial du Richelieu. 

La presque absence du transport en commun vers Saint-Jean-sur-Richelieu est un fait connu dans le milieu. « Il y a huit départs vers Saint-Jean-sur-Richelieu de Chambly par jour.  Juste huit, et ils vont en couper trois cet été » dit Jean-François Roberge.  « Encore faut-il que les gens puissent se rendre à l’arrêt d’autobus pour attendre, avec les canicules ou encore les tempêtes l’hiver », ajoute-t-il. 

Rejoint plus tard dans la journée de jeudi, le cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barette nous a répondu que « Ce sont les médecins de la clinique qui ont décidé de réaménager le service de sans rendez-vous médical du CLSC (GMF Richelieu). De notre côté, le 6 juin dernier, nous avons annoncé l'ouverture de la super-clinique du Haut-Richelieu. La super-clinique offre une disponibilité de 84 heures par semaine, soit tous les jours de 8 h à 20 h.  Elle a l'obligation d’offrir un minimum de 20 000 consultations par année à des patients qui ne sont pas inscrits aux médecins du GMF. » n’adressant pas ici les questions d’accessibilité aux soins soulevés précédemment.

Le 8 juin dernier, monsieur Barette avait pourtant affirmé être intervenu et continuer de la faire auprès de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) afin qu’elle raisonne ses membres dans le dossier de la fermeture du sans rendez-vous au CLSC de Richelieu.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec réplique

Questionné à ce sujet, Monsieur Jean-Pierre Dion, Directeur des communications FMOQ réplique « J’ai entendu parler d’un cas comme celui-ci qui est arrivé à Lac-Etchemin et où les médecins ont finalement décidé de maintenir les services offerts, mais je n’étais pas du tout au courant pour le CLSC de Richelieu, vous me l’apprenez ».

Suite à l’affirmation du ministre Barette selon laquelle il serait impuissant à faire bouger les choses dans ce dossier, « Cette explication ne tient pas la route ! On ne parle pas ici de médecins dans une clinique privée, mais bien de médecins qui exercent dans un CLSC, donc dans un établissement qui fait partie du réseau que contrôle Monsieur Barrette » s’indigne-t-il. Selon le représentant de la FMOQ, il est clair que le ministre peut intervenir dans ce dossier et est loin d’avoir les mains liées.  « Peu importe les raisons qui ont amené à cette décision de la part du CLSC et des médecins, la solution se trouve dans la discussion entre le CISSS et ceux-ci.  La FMOQ n’a absolument rien à voir dans ce dossier. Comme à l’habitude, le ministre blâme tout le monde sauf lui-même pour les failles d’un système qu’il a lui-même mis en place » ajoute-t-il. 

La FMOQ est le syndicat professionnel qui représente l’ensemble des médecins omnipraticiens du Québec.

D’autres moyens de pression envisagés

Le député de Chambly ne compte pas en rester là, « moi je ne suis que votre porte-parole » a-t-il dit à l’assemblée réunie. « Ce n’est pas mon dossier, c’est le dossier de tous les gens du bassin ».

Plusieurs aînés ont suggéré divers moyens de pression pour faire bouger le gouvernement, notamment des « sit-in » au CLSC et de ressortir les « casseroles » le temps d’aller manifester au bureau de comté de monsieur Barette.  Certains proposant même de tabler sur le fait « qu’on n’est pas très techno nous les aînés, alors pourquoi pas retourner aux anciennes méthodes et leur écrire des lettres papiers.  Ils seront inondés de courrier.  C’est plus incommodant que des courriels » nous a soufflé un auditeur.

Ni le CLSC ni le CISSS n’avait donné suite à nos demandes de renseignement à l’heure de mettre cet article en ligne.