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jeudi, 01 novembre 2007 20:00

Divisé entre le coeur et la raison

Voilà le sujet annuel qui revient, un peu comme la grippe : Saku ne parle pas français et ça dérange des gens. Des gens comme Guy Bertrand, Pauline Marois et Réjean Tremblay. Des gens comme vous, peut-être. Le capitaine du Canadien doit-il parler français ? Je suis divisé entre le coeur et la raison.
Avant de m’exprimer, je tiens d’abord à m’insurger contre toute personne qui voudrait relier le salaire du sportif dans le débat. Arrêtons de toujours tout ramener à l’argent, ça devient lassant et vide. Bon, tout d’abord, mon coeur me rappelle qu’en 1909, on a créé le Canadien pour représenter les canadiens-français, Montréal ayant déjà son équipe de hockey anglophone, les défunts Maroons.
Je me dit aussi que l’an prochain, Saku deviendra le joueur du Tricolore ayant porté le « C » le plus longtemps, dépassant ainsi le grand Jean Béliveau et ça, ça fait un peu mal. De plus, c’est la langue majoritaire des amateurs, du public. Comment rejoindre son public si on ne parle pas la même langue ?
D’un autre côté, ma raison me dit qu’on ne doit pas mêler la politique et le sport. Faut pas oublier non plus le fait que Saku est finlandais et qu’il a appris à parler anglais en arrivant ici et quand on y pense, c’est déjà beau. Mais surtout, je me dit que s’il avait déjà remporté la Coupe Stanley, on n’aborderait même pas cette question, n’est-ce pas ?
En fait, le constat est simple : si Saku ne veut pas parler français, le Canadien est mieux de finir par gagner quelques rondes en séries éliminatoires avec lui comme capitaine. Car si ce n’est pas le cas, cette histoire va finir par le rattraper.
Parce que si nous, francophones, aimons notre langue, nous adorons aussi organiser des défilés sur la Sainte-Catherine...
Samuel Thibault