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jeudi, 22 novembre 2007 19:00

Le mal est fait

Au nom de l’Église, Mgr Ouellet s’excuse au Québec. Comme un père qui, plusieurs années plus tard, s’excuserait à son fils de l’avoir mal élevé. Ayoye. Est-ce qu’on lui pardonne ? Certains diront oui. Certains diront non. D’autres n’ont rien à pardonner. Ça dépend beaucoup de quelle génération ils sont le fruit. Hier, les commentaires pleuvaient dans les pages Forum du journal La Presse suite à cette histoire. L’un de ces commentaires, celui de Bernard Gervais, vaut la peine d’être répété : « Même si elle a commis de terribles erreurs, reconnaissons à l’Église catholique ses mérites : en encourageant la natalité, elle voulait nous sauver comme peuple (…) Cependant, en nous voulant entièrement soumis à son autorité, elle a oublié que les hommes ont aussi besoin d’apprendre à être libres ».
Voilà une affirmation intelligente. Oui, l’Église a fait de bonnes choses pour le Québec et quand Mgr Ouellet affirme que le vide spirituel a causé la dégringolade du taux de natalité et la multiplication des suicides, il n’a pas tort. Mais pour l’Église, le mal est fait. Son rejet de certains groupes d’individus et de l’évolution morale de la société, les histoires d’abus et l’émergence de la Révolution Tranquille est des années 60, l’a complètement démolie dans la perception populaire. Aujourd’hui, ce n’est pas juste qu’on n’a pas envie de pardonner à l’Église, ça va plus loin que ça. C’est l’indifférence qui tue la religion de nos jours. Dans le cas des 50 ans et moins, cette indifférence est dominante. Et comme dans tous les cas de chicane ou de froid, quand vous avez besoin de rappeler à la personne à qui vous vous excusez la raison de vos excuses, c’est que vous avez manqué le bateau.
Samuel Thibault