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jeudi, 05 février 2009 19:00

Un massacre qui laisse des marques

Où étiez-vous le 6 décembre 1989 ? Si vous pouvez répondre à cette question, c’est que le massacre de la polytechnique vous a marqué, d’une façon ou d’une autre. Consciemment ou inconsciemment. Qu’on le veuille ou pas, les événements tragiques sont souvent ceux qui marquent le plus une vie. Par leur imprévisibilité, leur force, leur dévastation. En salles dès aujourd’hui, le film de Denis Villeneuve sur l’histoire de la polytechnique remémorera de douloureux souvenirs chez plusieurs. Et permettra certainement de prendre un peu de recul sur la signification du massacre. Il y a vingt ans, c’était avant Columbine, avant Dawson, avant la Virginia Tech. Il y a vingt ans, ce genre de scénario tapissait davantage l’imaginaire que la première page des journaux. Jusqu’à ce que la réalité nous saute en plein visage. Jusqu’à ce que quatorze femmes innocentes subissent la folie meurtrière d’un homme troublé. Que retenons-nous de la polytechnique ? Je trouve irresponsable et crasse la logique d’une Jan Wong. Vous savez, cette journaliste qui a relié les massacres de la polytechnique et de Dawson à une marginalisation des immigrants par les Québécois dits « pure laine ».

Pourtant, la grande souffrance n’a pas de nationalité. Elle ne parle pas qu’une langue, elle n’est pas davantage chrétienne qu’islamiste. Elle ne naît pas dans la cour d’école. Le grand vide, il naît plus souvent qu’autrement à la maison, faute de parents absents ou pire, violents. La souffrance, finalement, naît là où elle ne devrait pas exister : chez soi. Entre les quatre murs du salon. À l’abri des regards impuissants d’une société qui cherche à comprendre.

Samuel Thibault