Luc Noiseux
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jeudi, 30 mai 2013 01:00

Le Sénat canadien, une institution nécessaire?

Un scandale majeur se déroule actuellement à Ottawa, peut-être le plus gros depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs, voire depuis le scandale des commandites, sous les libéraux. Au cours des dernières semaines, nous avons appris que des sénateurs conservateurs et libéraux étaient soupçonnés d’avoir menti sur le lieu de leur résidence principale afin de se faire rembourser des dépenses d’hébergement.

L’un d’eux, le sénateur Mike Duffy, avait pourtant promis de rembourser des sommes s’élevant à 90 000$, auxquelles, rappelons-le, il n’avait pas droit. Mais malgré son salaire de base annuel de 135 200$, M. Duffy a indiqué qu’il était incapable de rembourser. Sentant que cette situation pourrait mettre le gouvernement dans l’embarras, le bras droit et chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, a émis un chèque personnel de 90 000$ à l’endroit de M. Duffy. Il va sans dire que cela contrevient à la loi : un membre de l’exécutif, qu’il soit élu ou non, ne peut pas faire un cadeau à un législateur.

Mais ce n’est pas tout. Le bureau du premier ministre Harper s’est également assuré qu’un comité du Sénat, qui devait étudier le cas de M. Duffy, ne blâme pas trop le sénateur dans cette sale affaire. Il est possible de tirer deux conclusions de cette histoire. D’une part, l’usure du pouvoir gangrène dorénavant la garde rapprochée de Stephen Harper. Au plus haut niveau de l’État, les décisions sont maintenant prises, non pas pour servir l’intérêt public, mais selon des considérations partisanes, et surtout, en fonction du risque de se faire prendre en flagrant délit.

D’autre part, ces événements jettent un profond doute sur l’utilité du Sénat et le gaspillage éhonté des fonds publics par cette institution devenue inutile. Lorsqu’il s’est présenté au poste de premier ministre du Canada pour la première fois en mars 2004, Stephen Harper s’était pourtant engagé à réformer le Sénat canadien. « Je ne nommerai pas de sénateur. Il est essentiel que les personnes qui siègent au Parlement soient élues par les gens qu’elles représentent », avait-il dit à ce moment.

Aujourd’hui, Stephen Harper a nommé davantage de sénateurs que Brian Mulroney. Neuf ans après cette promesse de M. Harper, le Sénat n’a toujours pas changé. Au NPD, nous proposons plutôt d’abolir cette institution archaïque, coûteuse et antidémocratique dont l’existence est injustifiable dans une société moderne comme la nôtre.

C’est une structure qui sert davantage à remercier les amis du gouvernement qu’à œuvrer dans le meilleur intérêt des citoyens. Abolir le Sénat, comme le NPD le propose, permettrait aux contribuables d'épargner 90 millions de dollars par année. Je trouve inacceptable que des personnes nommées pour leur proximité avec le régime en place obtiennent un salaire à vie.

Je vous invite à venir signer la pétition en ligne : www.RemballonsLeTapisRouge.ca

 

Matthew Dubé, Député de Chambly-Borduas

1-877-741-7802