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mardi, 02 octobre 2012 01:00

M-312 et l’hypocrisie des conservateurs

En campagne électorale, les conservateurs - le premier ministre Harper en tête - avaient promis de ne pas rouvrir le débat sur l’avortement. C’était un engagement solonnel qui allait dans le sens de la volonté d’une majorité de Canadiens et de Québécois.

Or, à peine quelques mois après l’élection, un député conservateur d’arrière-ban, Stephen Woodworth, a déposé à la Chambre des communes la motion M-312, qui demandait la création d’un comité spécial chargé d’étudier la notion d’être humain dans le Code criminel. Qu’on ne s’y méprenne pas: de l’avis même de son parrain, cette motion était une façon indirecte de rouvrir le débat sur l’avortement.

Pourquoi Stephen Harper a-t-il laissé passer une motion aussi rétrograde?

Ce n’est pas comme si M. Woodworth était le seul du caucus conservateur à avoir appuyé un tel retour en arrière. Pas moins de 87 députés du parti de Stephen Harper se sont en effet levés cette semaine pour voter en sa faveur. De ce nombre, huit sont des ministres et deux sont des secrétaires parlementaires. Même la ministre chargée de la Condition féminine, Rona Ambrose, a accordé son appui à la motion! On peut donc conclure que malgré les belles promesses, une large proportion des conservateurs appuient les revendications des gens opposés à l’avortement, et que même le poids politique du premier ministre n’est pas suffisant pour les empêcher d’imposer leurs croyances aux autres.

Comprenons-nous bien: l’avortement est un sujet hautement sensible et il revient à chacun de décider, en son âme et conscience, ce qui est acceptable. Je croyais, naïvement peut-être, que le premier ministre était aussi de cet avis. Mais à constater l’appui immense de son caucus à la motion M-312, force est d’admettre qu’il n’est pas aussi en faveur du droit des femmes de choisir qu’il aime le prétendre.

Du côté du NPD, nous nous sommes engagés il y a longtemps à respecter le droit des femmes à disposer de leurs corps. L’entièreté de notre caucus a ainsi voté contre l’adoption de la motion. À l’heure où les Québécois ont en très grande majorité affirmé leur désir de ne pas rouvrir le débat sur l’avortement, nous continuerons de représenter cette volonté populaire au Parlement et nous opposerons à toute tentative détournée des conservateurs de revenir en arrière.

Matthew Dubé, Député fédéral

Chambly-Borduas, 1-877-741-7802