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jeudi, 15 février 2018 09:17

Ville de Chambly : les dessous du déneigement

On sait que la région du bassin de Chambly reçoit de nombreuses chutes de neige ces derniers mois. Combiné à des écarts de température importants et des chutes de pluie verglaçante, voici un hiver qui cause bien des casse-tête aux citoyens. Nous avons rencontré monsieur Michel Potvin, directeur des travaux publics pour la ville de Chambly, afin de mieux comprendre les opérations de déneigements et de ramassage de la neige et ses implications pour la population.

Le pire hiver jamais vu

Plusieurs d’entre nous aiment qualifier la saison en cours de « pire hiver depuis longtemps ». Ce n’est que l’effet de la mémoire car selon Monsieur Potvin, cet hiver n’est pas particulièrement différent des autres. Il y’a souvent des précipitations et elles sont variées, mais cela est plus simple à gérer qu’une ou deux grosses tempêtes comme nous avons vu l’an dernier par exemple. Lors de ce blizzard, plusieurs rues de la ville auraient pu devenir hors de contrôle si ce n’eut été de l'initiative du personnel municipal qui a rapidement adapté sa stratégie.

Les conditions météorologiques très variées cette année poussent les responsables du déneigement à adapter leur approche. Comme nous mentionne Michel Potvin, « le déneigement c’est un art. Il faut lire la situation et réagir en conséquence sinon c’est mal fait. » Il nous explique que parfois, il peut même être bon de ralentir voir même arrêter le déneigement afin de prévenir des conditions plus difficiles. C’est le cas des chutes de pluie verglaçante tout de suite après une chute de neige. La neige servant de coussin entre la chaussée et la pluie verglaçante, les voies ne se transforment pas en patinoire et le tout peut être ensuite ramassé par les cols bleus.

L’épandage d’abrasif dit aussi être adapté aux variations de température. Le sel n’étant efficace que jusqu’à une température de -13C, on remplace celui-ci par du gravier pour les journées plus froides. Cette année, le directeur des travaux publics à pris exemple sur des villes comme Rosemère et Granby et remplacé le sel ou le gravier par des copeaux de bois dans certains secteurs. Ceux-ci restent en place plus longtemps et sont moins nocifs pour l’environnement. De plus, la ville ne doit pas débourser pour leur achat puisqu’elle utilise là les restes d’arbres coupés par ses employés.

Le déneigement par secteur

Ce sont les 22 cols bleus de la Ville qui procèdent au déneigement et à l’enlèvement de la neige. La ville est divisée en secteur et chaque opérateur suit le trajet qui lui est assigné. Il sera responsable de ce même trajet, tout au long de la saison hivernale. Le territoire entier de la ville peut être couvert en quatre heures environ par les neuf charrues et les cinq chenillettes de trottoir. On repasse plusieurs fois au même endroit. Il suffit d’une journée pour contrer les effets d’une tempête. Suite au déblayage, le ramassage de la neige se fait sur une période plus longue de quatre ou cinq jours afin de minimiser le recours à la location de camion venant d’entrepreneurs externes.

Vous trouvez qu’il y’a toujours plus de neige de votre côté de la rue? Il faut savoir que les trajets sont conçus pour permettre aux déneigeuses de tourner vers la droite seulement. Impossible de pousser la neige de l’autre côté. Certains trottoirs sont déneigés, sur les artères principales par exemple, alors que certaines autres rues ne sont dégagées que pour la chaussée.

Un travail d’équipe avec les citoyens

Le travail des équipes de déneigement ne peut s’effectuer sans la coopération de la population. On pense entre autre aux interdictions de stationner dans les rues en période de déneigement. Il faut savoir que les délais occasionnés par des véhicules stationnés sur la voie publique peuvent venir doubler le temps demandé pour un trajet. Certaines rues sont même trop étroites pour permettre le passage de la souffleuse si des véhicules se trouvent de chaque côté de la rue. L’opérateur doit alors rebrousser chemin et trouver une autre façon d’accéder au secteur. « L’heure la pire pour une tempête c’est l’heure du souper. Tout le monde stationne dans la rue. C’est presque impossible de travailler » confie monsieur Potvin.

Un entrepreneur privé nous confirme que même pour ceux qui font des contrats résidentiels, les véhicules sur la voie publique sont un problème. On conseille plutôt aux gens qui voudraient faciliter le déblaiement de leur entrée de garer la voiture à sa place habituelle afin de permettre de dégager les rues le plus rapidement possible et ensuite pouvoir enlever les accumulations derrière la voiture. L’entrepreneur se présentera de nouveau chez vous le lendemain pour effectuer un nettoyage complet de votre entrée pendant votre absence. Les bacs de recyclage et poubelles sont aussi des éléments à éviter de placer sur le bord de la rue ou sur les trottoirs en période de déneigement. On recommande de les placer dans l’entrée afin de minimiser les obstacles et les retards que cela occasionne.

Marie-Eve Ducharme