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jeudi, 02 avril 2009 20:00

Ça ne tourne pas rond

C’est un printemps bien gris pour un ciel si bleu. À vrai dire, le malaise se fait sentir depuis le début de l’année 2009, quand le tragique drame familial de Saguenay a secoué le Québec le soir du Jour de l’an. Depuis ce temps, on assiste à une multiplication des histoires tristes qui finissent mal. Piedmont, Laval-des-Rapides, St-Élie-d’Orford, Matane et tout récemment les deux fillettes retrouvées sans vie à Laval. Six drames familiaux en moins de trois mois. Treize morts, dont huit enfants. Huit ! Ça ne tourne pas rond. On nous dira bien qu’il y a toujours quelque chose d’insaisissable, quelque chose qu’on ne peut pas comprendre. On nous parlera de dépression et de boisson, d’un effet d’entraînement et de la crise économique. On nous fera la leçon des réalités impossibles à saisir car impossibles à vivre. C’est vrai. Mais comment peut-on se résoudre à accepter l’inacceptable ? Il me semble que si la décision d’enlever la vie à un être humain est tragique, celle d’enlever la vie à un enfant est impardonnable. D’être rendu au point où la personne considère que c’est la seule décision à prendre.

De dérailler au point où elle se prend pour Dieu-le-tout-puissant en décidant de la vie ou de la mort d’un être humain qui n’a même pas l’âge de prendre de décisions. Un enfant qui n’a rien d’autre à attendre du destin que la vie lui donne sa chance. Qu’on me parle de malaise familiale, de folie meurtrière, de problèmes financiers ou de santé mentale, je n’arrive pas à me résoudre à comprendre l’inacceptable. Tuer un enfant est un acte de lâcheté.

Samuel Thibault