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mardi, 05 juin 2018 08:23

Front commun des élus contre la fermeture de la clinique sans rendez-vous du CLSC Richelieu

Jean-François Roberge et Claire Samson entourés de plusieurs élus municipaux Jean-François Roberge et Claire Samson entourés de plusieurs élus municipaux

C’est entourés des élus municipaux de la région que le député de Chambly, Jean-François Roberge et la député d’Iberville, Claire Samson se sont réunis aux portes du Centre Local de Services Communautaire (CLSC) du Richelieu hier matin pour signifier leur opposition à la décision prise par le Centre Intégré de Santé et Services Sociaux (CISSS) Montérégie-Centre de refuser l’accès au CLSC du Richelieu aux citoyens qui n’y ont pas leur médecin de famille.    Les deux élus provinciaux ont demandé l’intervention du Ministre de la Santé, Gaétan Barette dans ce dossier. 

Une décision contre la logique

Selon le maire de Richelieu, Jacques Ladouceur, cette décision est « inacceptable.  Nous avons trois résidences de personnes âgées à Richelieu, on peut supposer que les services offerts par le CLSC sont parmi les raisons pour lesquelles ces personnes ont choisi de venir vivre ici. C’est le début de la fin pour l’accès aux services de proximité si on accepte ça. » a-t-il dit.  La mairesse de Saint-Mathias-sur-Richelieu, Jocelyne G. Deswarthe, a poursuivi dans le même sens « Il faut garder en tête les personnes à mobilité réduite.  Les personnes plus âgées sont vulnérables parfois.  Nous devons nous assurer qu’elles soient prises en compte. » souligne-t-elle.

 

Plusieurs personnes s’expliquent mal que le CLSL du Richelieu, qui a été construit dans le but de libérer l’hôpital de Saint-Jean-sur-Richelieu en offrant des services de première ligne, soit maintenant dans la ligne de mire des services à couper.  « C’est un non-sens.  On ne répond pas aux demandes du client.  Ils voulaient libérer Saint-Jean-sur-Richelieu, mais là on recule en retournant les gens dans cette ville » souligne un patient.

 

La mairesse de Marieville, Caroline Gagnon, a rappelé qu’il faut que le gouvernement se base sur les besoins des patients et non sur la centralisation des services.  « C’est un non-sens de centraliser.  Il faut penser aux humains.  Les économies de système qu’on donne comme raison pour fermer ces services ne sont pas vraiment là.  Ces coûts seront transférés aux patients qui devront aller plus loin à leur frais » explique-t-elle.

 

Le maire de Chambly, Denis Lavoie, résume la situation en disant « C’est une décision assez difficile à comprendre.  Il s’agit là d’offrir des services primaires, de proximité.  Cela fait même partie du nom de l’établissement.  On vient compliquer l’accessibilité pour les patients qui ont besoin de ce service. » affirme-t-il.

 

Jean François Roberge, député de Chambly, a répété son engagement à faire intervenir Gaétan Barette dans ce dossier.  « Moi et ma collègue, Claire Samson, retournons à Québec cette semaine et il n’aura pas le choix de nous parler puisque que nous serons tous au salon bleu » dit-il.  « Il est déjà au fait de la situation depuis jeudi dernier. Je lui ai même laissé mon numéro de cellulaire personnel s’il voulait me contacter en fin de semaine.  Le téléphone n’a pas encore sonné. » ajoute-t-il.

 

Des patients orphelins

Monsieur Jean Rioux a lui-même profité des services de sans rendez-vous du CLSC pendant plus d’un an et demi alors qu’il s’est retrouvé sans médecin de famille.  « Mon ancien médecin a pris sa retraite, ça pris un an et demi en avoir un autre.  Pendant tout ce temps je venais ici pour voir quelqu’un. » explique-t-il.  « Si ceux qui n’ont pas de médecin de famille ne peuvent plus venir ici, c’est rendu décourageant, non, dégradant!  Assez c’est assez. »   Pour monsieur Rioux, malgré qu’il ait finalement obtenu un médecin de famille au CLSC du Richelieu, celui-ci a depuis déménagé sa pratique à Saint-Jean-sur-Richelieu.  « Je suis obligé d’aller le voir là-bas maintenant.  Ils poussent les médecins à s’en aller.  L’offre n’est vraiment pas adaptée aux besoins des usagers. »  La conjointe de monsieur Rioux attend toujours un médecin de famille quant à elle.  Il rapporte qu’en tant qu’infirmière qui a subi tous les changements faits par le docteur Barette dans le système de santé. « Elle est complètement brûlée en ce moment.  Il faut que ça change »   conclu-t-il.

 

La coupure de service est prévue pour le 18 juin prochain. La nouvelle avait été annoncée sur le site internet du CLSC la semaine dernière seulement.  Environ 20 patients sans médecin de famille par jour fréquentent les services sans rendez-vous du CLSC du Richelieu, un des derniers endroits de la région qui les acceptent encore. 

Marie-Eve Ducharme